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Cercle - Autour de la pensée de Marx. septembre 2013

CERCLE "AUTOUR DE LA PENSÈE DE MARX" – septembre 2013
Dans le cadre du débat public, en juin 2012 nous avons indiqué que le mot « crise » avait pour nous un sens bien précis. Il s'agissait de la crise du système capitaliste, dans sa nature propre, et que cette crise se répercutait sur tous les aspects de la société. Après avoir évoqué les crises du mode de production capitaliste dans l'histoire, nous en avons indiqué les caractéristiques et les contradictions : surproduction, machinisme et accumulation. En octobre 2012 nous avons abordé le thème de la question sociale et de la lutte de classe. En effet de la relation exploitant-exploité, qui constitue la base de l’exploitation capitaliste, naît la question sociale et la lutte des classes. La prise de conscience des ces réalités par la classe des exploités est nécessaire pour que ceux-ci puissent se libérer de l'exploitation des capitalistes en engageant la lutte de classe. En juin 2013, nous avons répondu à la question « L'incompétence est-elle la cause de la dégradation économique ? » Pour nous la cause fondamentale du marasme économique et social trouve son origine dans la crise systémique du capitalisme, mais aussi dans la capitulation des forces politiques qui ont tourné le dos à leurs idéaux, comme la social-démocratie. Dans cette contribution nous abordons le triptyque : les classes sociales, la conscience de classe, la lutte des classes.
Les classes sociales – Dans l'antique Rome les citoyens sont divisés en classes selon leur naissance et, par conséquence, par leurs conditions sociales en patriciens et plébéiens. Dans l’économie moderne elles font leur apparition à la fin du 18ème siècle et sont un des effets de la révolution industrielle qui bouleverse l’ordre social existant. La Révolution Française de 1789 est d’abord politique : elle met fin à la société classifiée en ordres établis au cours de la féodalité. A la noblesse, légitimée par sa fonction de protection armée, s’ajoutent le clergé et le monde paysan, qui nourrit la population du royaume par son travail. Désormais les individus naissent « libres et égaux en droits », donc plus question de privilèges dus à la naissance ou à l’appartenance cléricale, plus de discriminations en fonction des croyances et, en principe, plus d’esclavage. Mais cette liberté et égalité est limitée : la loi Le Chapelier du 14 juin 1791 interdit les Corporations de métiers les rassemblements paysans et ouvriers et le compagnonnage et l’essentiel de cet interdit durera jusqu’en 1864 (abrogation du délit de coalition) et 1884 (légalisation sur les syndicats).
Mais les faits sont là : les hommes entrent en relation toujours pour produire, échanger et répartir les richesses et ce sera l’objet d’une science appelée « économie politique » à l’encontre de laquelle MARX adressera les plus vives critiques dès lors que certains lui confèrent une origine naturelle et à laquelle pouvoirs et groupes de pression ne doivent pas se mêler. Ce ne sont pas une répartition technique des tâches dans le cadre d’une coopération fructueuse pour tous qui régit les rapports de production, pas plus que la différence des talents individuels, mais plutôt des rapports de domination et de servitude, pas nouveaux, mais habillés d’une autre manière à l’aube du capitalisme industriel naissant. Sans doute les paysans du Moyen Age protestaient contre les corvées imposées par les châteaux ou contre la dîme ecclésiastique, mais la révolte était réprimée par la force tout autant que blâmée au sein même du groupe social du réfractaire, car il était impossible d’abandonner son statut contre un autre censé être plus favorable.
C’est ainsi que le capitaliste officialisera son rapport avec le salarié sous l’apparence de la réciprocité : liberté de l’employeur de recruter et de diriger la production, liberté du salarié de contracter ou non ; et une fois accord signé, tout écart par rapport à la norme sera un manquement au contrat. Si d’aventure le salarié mécontent quitte son employeur il perd aussi son logis : femme et enfants à la rue. Il ne pourra retrouver son échoppe en tant que indépendant puisque les taux d’intérêts sont usuraires auprès des notables et des banques et que les capitalistes contrôlent les réseaux de distribution. S’il tente le retour à la terre il retrouvera un propriétaire mi -terrien mi- actionnaire industriel (tant les chemins de fer sont de grand rapport) qui ne lui laissera aucune chance de s’installer à son compte.
La conscience de classe et la luttes des classes – Si donc la bipolarisation marxiste « représentants du capital face à une masse laborieuse » parait plus complexe aujourd’hui , elle a pu connaître quelque fondement sérieux à l’époque de MARX, et c’est sa tournure de pensée, d’ailleurs, qui demeure un modèle permanent. Si une classe sociale regroupe des individus qui partagent la même position dans les rapports de production (classe en soi), pour amorcer la lutte des classes il faut avoir une conscience de classe (classe pour soi). 
Josette Lefèvre, sociolinguiste au CNRS. (La Revue du projet, avril 2013) s'exprime ainsi « Le théoricien du libéralisme économique, Adam Smith, poursuit dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) la réflexion plaçant le travail humain, notamment le travail dans l’industrie naissante, comme source première des richesses (...) Avec Saint-Simon (la classe industrielle, 1821) puis Marx, les classes ne sont plus de simples catégories abstraites, elles prennent corps avec la lutte qui oppose une majorité d’exploités (le prolétariat) et une minorité d’exploiteurs. De l’analyse historique des rapports sociaux de production ressort l’antagonisme radical entre deux classes fondamentales : maîtres/esclaves ; patriciens/ plébéiens ; seigneurs/serfs ; propriétaires/ fermiers ; bourgeoisie/classe ouvrière. Karl Marx démontre que la lutte des classes en contribuant à l’avènement du nouveau est le moteur de l’histoire. Avec « guerre entre les classes » ce sont les expressions luttes de classe et lutte des classes qui se diffusent pendant la Révolution de 1848, c’est à cette époque que la lexie classes ouvrières (ou laborieuses) passe majoritairement au singulier. Dans l’analyse marxiste, la classe ouvrière est, par sa place dans la production de la plus-value capitaliste, la classe qui en luttant pour son émancipation libère la société tout entière. Pas de lutte de classe sans conscience de classe. Mais celle-ci n’est pas innée, et la domination idéologique de la classe au pouvoir présentée comme celle de la société tout entière occulte les rapports sociaux d’exploitation et ne ménage pas ses efforts pour brouiller la réalité sociale. La conscience de classe se forge à partir du vécu de situations concrètes et de luttes communes. Son niveau s’élève dans la bataille des idées, menée au moyen d’une panoplie lexicale qui donne chair à la vision antagonique de la société, créant les conditions du rassemblement de classe » . Il revient à Georg LUKACS (Histoire et conscience de classe, 1923) d'avoir popularisé le terme de conscience de classe. 
« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » ainsi se termine le manifeste du parti communiste de 1847 et ainsi s'ouvre l'ère des grands bouleversements sociaux . 166 années après cet appel historique, le monde s'est considérablement transformé. Comme annoncé par Marx et Engels dans ce même ouvrage (voir le manifeste, éditions 10-18, pages 23et 24), le capitalisme s'est mondialisé et les moyens de production ont été révolutionnés. « les prolétaires n'ont rien à perdre que leurs chaînes ; ils ont un monde à gagner » écrivaient Marx et Engels à la fin du manifeste.
Mais qui étaient donc ces prolétaires et que sont-ils devenus un siècle et demi plus tard ?
A suivre…
Serge Roigt,  Jacky Jordery, Bruno Silla – Montceau-les-Mines – Septembre 2013

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