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CERCLE "AUTOUR DE LA PENSÈE DE MARX" – avril 2014

 
Dans les précédentes contributions nous avons abordé les sujets suivants: la crise du système capitaliste, la question sociale et de la lutte de classe, le marasme économique et social et la capitulation de la social-démocratie, le sens du triptyque: les classes sociales, la conscience de classe, la lutte des classes et enfin le concept de prolétariat et son évolution.
 
Et si l'on parlait du coût du capital ?
Depuis quelque temps on entend parler avec insistance du coût du travail. Le duo Pierre Gattaz président du Medef et François Hollande président de la République, sous prétexte de favoriser la compétitivité des entreprises françaises, essayent de faire passer l’idée qu’une baisse du coût du travail serait nécessaire. Or le travail est avant tout l’unique facteur de production de richesse. Les tenants du système économique, basé sur la propriété privée des moyens de production, occultent complètement cette réalité en pratiquant une politique économique et sociale qui favorise le capital financier.
Une longue étude réalisée par des chercheurs de l'université de Lille (Clersé) et éditée en janvier 2013, essaye de clarifier la question des coûts de production en montrant le niveau du coût du capital et surtout de son  surcoût .
Le coût économique  du capital est le coût des moyens de production ou capital fixe (capital que de lui même ne produit pas de la valeur: bâtiments, installations, machines, etc.). Ce coût on peut le mesurer par l’amortissement (usure du capital) et l’investissement, nécessaire à l’adaptation de l’appareil productif. Le coût économique est nécessaire et justifié.
Le coût financier  du capital est le coût de la gestion financière (banques, assurances, etc.). Ce coût, dans la mesure où il sert à couvrir les risques et à rémunérer les préteurs, est lui aussi nécessaire et justifié.
Mais à ces coûts s’ajoute un coût financier non nécessaire et donc non justifié: le surcoût du capital.
De quoi s'agit-t-il?
Dans le système économique actuel depuis la libéralisation financière, engagée dans les années 1980, un prélèvement financier non nécessaire est imposé à l'activité économique sous la forme d'une « norme financière ». Selon cette orientation économique les détenteurs des moyens financiers exigent une rémunération qui va bien au delà de ce qui est nécessaire et justifié. Les moyens financiers ne sont pas au services de l'activité économique, mais celle-ci est au service de la « finance » (fonds d'investissement, sociétés financières, etc.) afin d'obtenir un retour sur investissement bien au delà des coûts économiques et financiers nécessaires. On assiste alors à une véritable explosion des taux exigés: la rentabilité des investissements est établie à partir de 15% !
Le surcoût du capital : une arme de destruction massive
Le niveau atteint par la norme financière pèse lourdement sur les choix d'investissement. Tout projet d'investissement qui ne risque pas de franchir le seuil de rentabilité de 15% du capital investi est voué à l'abandon . Il s'agit donc d'un gaspillage énorme de richesses jamais produites, d'emplois jamais créés.  Cette rente indue représente une charge considérable pour l'entreprise, un surcoût intolérable dans la mesure où l'activité productive est étouffée par la propriété actionnariale. Dans l'ère du capitalisme financiarisé, la finalité n'est plus la production mais la rémunération du capital.
Pour mesurer ce surcoût du capital, les chercheurs évoqués plus haut ont pris en référence l'année 2011. La valeur ajoutée, c'est à dire la valeur qui a été ajoutée aux consommations intermédiaires (matières, énergies, produits achetés, etc.) pour obtenir la production vendue (chiffre d'affaire) à été en France de 1004 milliards d'euros. Selon eux le coût économique du capital a été de 202 milliards d'euros et le surcoût de 94 milliards d'euros.
On peut préciser qu'un surcoût de 94 milliards représente près de 50% de majoration du coût réel de toute entreprise privée ou publique, ce qui constitue un handicap rédhibitoire pour l'activité économique et la croissance.
Karl Marx distinguait le capital industriel, le capital commercial et le capital financier qu’il appelait capital usuraire « Enfin, par rapport au capital usuraire, la forme A-M-A' [Argent-Marchandise(moyens de production+force de travail)-Argent augmenté] est réduite à ses deux extrêmes sans terme moyen; elle se résume, en style lapidaire, en A-A', argent qui vaut plus d'argent, valeur qui est plus grande qu'elle-même » (ES - Le Capital L1, p.120-121). Plus loin Marx définissait ainsi le capital financier « L’argent effectue des mouvements purement techniques dans le procès de circulation du capital industriel et (…) du capital commercial (…) il ne crée donc pas de valeur (…) le profit des banquiers n’est qu’une retenue sur la plus-value » (idem L3, p. 301-306)
 
A suivre...
 
Bruno Silla, Jacky Jordery, Serge Roigt,  – Montceau-les-Mines – Avril 2014
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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