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  • Actu' du mardi 21 mars - Industrie : Stop la casse !

 
 
 

Chalon dans la rue 2016 - Point de rencontre PCF

Les communistes de Chalon étaient présents à "Chalon dans la rue"

Un Point de rencontre PCF, libre espace de dialogue, était organisé sur le parcours et a suscité de nombreuses discussions sur la situation du festival et inévitablement sur les problèmes sociaux du moment.

Nathalie Vermorel a fait l'intervention suivante :

Vous avez répondu à notre invitation et nous vous en remercions.

Ce qui a motivé et rendu nécessaire, pour nous, ce temps de débat public sur les questions culturelles  c’est

  • le sort fait à la culture en général par les politiques publiques
  • mais aussi notre vécu à Chalon  d’un dramatique dé-tricotage de  l’ensemble des politiques culturelles locales que nous inflige l’équipe municipale de Chalon sur Saône et également celle de l’agglomération du grand Chalon.

Chalon dans la rue, chaque année depuis trente ans anime notre ville et nous sommes un certain nombre ici  à avoir assisté à la première en 1987 et comme vous, nous ne voulons pas assister à la dernière.

Chalon dans la rue, le festival emblématique des Arts de la Rue a perdu 460 000€  euros de subvention municipale en 2015 et 2016.

Le financement  de la ville a baissé de 31% en  2 ans

La Région a également baissé de 13% sa subvention cette année (moins 15 600€)

Le budget total du festival accuse cette année une baisse de plus de 20%( 1800 000€ / 2275600€)

Certes, le festival continue, après de longues négociations avec l’Etat, qui par la présence de sa ministre à Chalon a tenu à réaffirmer son soutien au festival. Tant mieux.

Mais pour autant nous savons que ce gouvernement a abandonné comme personne avant lui toute ambition pour l’Art et la culture et la hausse annoncée du budget de la culture en 2016 ne fera pas oublier les  baisses de 2013 à 2015 : moins 11 milliards d’€ et il manquera toujours 40 millions d’€ au budget 2016 pour revenir au niveau du budget 2013.

Je rappelle qu’en juin 2015 on comptait 215 points de festivals annulés, d’établissements culturels fermés, depuis les derniers scrutins municipaux et territoriaux. Théâtre, danse, musique, arts de la rue, cinéma, littérature, arts plastiques, aucun secteur n’échappe au génocide culturel en cours et ceci au moment où les questions de sécurité n’étaient pas encore invoquées pour limiter la portée de certains évènements culturels.

Les collectivités locales subissant elles aussi les baisses de dotation les budgets cultures subissent la double, voire la triple peine car les actions éducatives et les soutiens aux politiques territoriales comme les Pays sont également impactés.

A Chalon-sur-Saône, le musée de la photographie Nicéphore Niépce, une des plus belles collections mondiales, a su en quelques quarante ans proposer une histoire de la photographie originale. Le musée est reconnu au-delà des frontières nationales, mais il a su aussi être proche des habitants de la région. On l’a vu dans l’agglomération proposer un dialogue entre les photographes et la vie réelle. Ce musée n’a plus les moyens de fonctionner. Plus de la moitié de ses crédits de fonctionnement ont disparu en deux ans. Le fond destiné aux  acquisitions est passé de 75 000€ à 14 000€, l’avenir d’un musée, ce que l’on pourra montrer aux générations futures, il n’en n’est plus question. Face à ce scandale, c’est plus de six mille personnes et institutions, venant de plus de soixante-dix pays, qui ont signé une pétition pour dire leur étonnement et leur colère devant tant d’absurdité et de cécité. Cette pétition, dont nous ne sommes pas les initiateurs, nous l’avons relayée et vous en trouverez des exemplaires ici.

Les services culturels qui dépendent du Grand Chalon ne se portent guère mieux. L’Ecole Médias’Art fait elle aussi les frais de cette politique. Le gel du concours de recrutement des premières années en 2016 décidé par le président de l’agglomération sans respect pour les jeunes et leurs familles 3 jours avant les épreuves, pourrait amorcer la disparition progressive des formations artistiques supérieures (Bac+5).

Disparition préjudiciable aux jeunes du territoire (60% du recrutement) et à la carte des formations supérieures de l’Agglomération.

Les personnels techniques et enseignants ne savent pas de quoi leur avenir sera fait.

Pour Sébastien Martin, président de l’agglomération, l’art n’a de sens que s’il est assigné à une fonction économique et il sacrifie l’apprentissage de l’art au profit d’une vision à court terme.

Moins de livres à la bibliothèque, moins de concerts à la Péniche, voilà désormais notre quotidien dans cette agglomération ! Ne parlons pas de Jazz ou de théâtre expérimental, il n’y a désormais dans cette ville place que pour le théâtre de boulevard et les cérémonies patrimoniales. Car G. Platret n’en a que pour les commémorations, il nous a en particulier infligé une commémoration Napoléonienne avec reconstitution de scènes de guerre… qui nous a laissé meurtri de tant de médiocrité.

Au-delà de ces exemples locaux, nous sommes désormais tous confrontés aux conséquences dramatiques de la baisse continue des budgets du ministère de la culture mais aussi des baisses drastiques des dotations de l’Etat aux collectivités qui se retirent du financement de l’action culturelle alors qu’elles en assument la plus grande part (7,5 millions par an sur 10 millions de dépenses publiques)

Nous sommes donc entrés dans un vaste  processus de déculturation de nos territoires urbains et ruraux et des populations qui y vivent.

La droite LR et UDI et bien sûr les mairies d’extrême droite s’en donnent à cœur joie. Mais attention des mairies de gauche, socialistes (Lyon) et écologistes (Grenoble) s’y adonnent aussi au prétexte qu’il faut bien faire avec ce qu’on a.

S’ensuivent des théories valorisant  l’entreprenariat culturel et le mécénat, la culture dite populaire par des élus (Ces Jules César des temps moderne qui décrètent que « du  pain et des jeux » c’est assez bon pour le peuple) qui n’ont d’autres ambition que l’industrie du divertissement ou la modeste pratique amateur sans réel moyen (fanfare Chalon)

Car derrière la question des moyens il y a une question de sens : depuis Sarkozy et Hollande la culture n’est plus une priorité politique quels que soient les discours qui affirment le contraire. Libéralisme et populisme, pouvoir et MEDEF s’entendent pour en exclurent les artistes et le peuple.

Parce que la culture est aussi essentielle que l’air que nous respirons,

Parce qu’elle est autant  faite de production artistique que de savoirs, d’échanges, de pratiques,

Parce qu’elle est un levier d’émancipation, le ciment du vivre ensemble,

Nous proposons d’inscrire art et culture, savoirs et éducation comme des priorités de la prochaine mandature présidentielle et législative.

Nos propositions :

- 1% du PIB (20 Mds €) consacré à l’art et la culture, réparti à l’aide d’une compétence partagée reconnue par la loi, entre l’Etat et les collectivités. Cela suppose de réaffirmer la responsabilité publique et nationale de l’Etat et des DRAC en la matière. Cela suppose une réforme démocratique de la fiscalité locale donnant aux collectivités les moyens de leur intervention dans tous les territoires.

- Refonder entre l’Etat et les collectivités, un service public de la culture qui agisse dans 3 directions fondamentales :

- l’aide à la création, dans une vision citoyenne de la création, un lien fort entre création et éducation populaire, le soutien aux artistes et aux compagnies au plus près des territoires, la sécurisation de l’emploi artistique et culturel (intermittence et emploi permanent, formation initiale et continue….), enfin une vision plus ouverte et plus démocratique des grands établissements de création, musées…..

-le renouvellement d’une démocratie culturelle réelle à l’école, dans la cité et dans l’espace du travail en associant partout le travail artistique et l’action culturelle citoyenne.

- la fabrique d’une culture commune fondée sur nos valeurs émancipatrices, qui respectent la diversité des langues et des cultures de France, qui décolonisent notre regard sur les cultures minorées et qui agissent pour lutter contre les discriminations et pour la relation entre toutes les cultures avec une grande ouverture au monde.

Depuis l’ouverture du festival nous avons distribué quelques milliers de tracts et eu des dizaines de discussion, chacun et chacune, nous avons mieux que la ministre, flanquée de sa cohorte d’élus ou le maire de Chalon, entendu les festivaliers  et ils ont des choses à dire beaucoup de choses à dire. Nous avons entendu le bonheur d’être là tous ensemble, nous avons entendu beaucoup d’inquiétudes et de questionnement mais aussi beaucoup d’envie et même de désir de partage.
Nous n’avons pas la prétention de parler pour autrui, ni de parler au nom du peuple.

Nous avons des idées, des propositions, je viens de vous en faire part, mais rien ne vaut ces moments directs d’échanges car les formations politiques ont une responsabilité c’est d’être au service de la vie démocratique du pays.

En ouvrant ce libre espace de dialogue, nous voulons  contribuer à dessiner des perspectives politiques, c’est-à-dire  plus simplement : nous voulons  essayer de nous mettre d’accord sur le sens de ce que nous donnons à la place de la culture dans un projet de transformation de la société, sur des mesures, des lois, des orientations de politiques publiques qui nous semblent les meilleures pour nous même nos enfants, notre pays et le monde.

Nous, le peuple de gauche, déçus et désabusés que nous sommes par un gouvernement qui met en place des politiques d’essence libérales, nous avons besoin de nous redonner du courage afin de ne pas abandonner la partie trop vite face à l’échéance importante qui se dessine devant nous en 2017.

Ces jours-ci, lorsque nous disions aux gens ne croyez-vous pas que nous sommes nombreux à vouloir changer les choses et qu’au-delà de nos différences de sensibilité nous devrions être en mesure de nous rassembler sur un vrai programme, un vrai pacte d’engagements pour notre avenir que ce soit pour la ville ou pour le pays ? Eh bien je peux vous dire que cette parole était accueillie avec sérieux et attention.

Et sur 2017, Je termine en vous disant que c’est à cela que les communistes travaillent depuis le début de l’année, à créer des lieux de convergences, de rencontre, d’élaboration, pour se donner une chance d’avoir non pas le meilleur des casting mais un vrai programme de gauche ancré sur des valeurs identifiées et partagées par tout un peuple qui aura participer à le créer et à le faire vivre, et des députés qui rendront des comptes aux populations et non au président ou à la présidente.

Voilà, je vous ai dit l’essentiel, j’ai forcément été trop longue, merci de votre patience. Je vous passe la parole.

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